Is Tilikum going back to Iceland: a dream that might come true!

Is SeaWorld getting ready to do the right thing & let Tilikum (and possible orca companions) go to Iceland to retire to a sea pen? David Kirby, author of the up & coming book « Death at Seaworld: Shamu and the Dark Side of Killer Whales in Captivity, » says the rumours are out there that this could be the case.

At around 11:00 in the radio interview, David Kirby reveals there is talk that Gov’t of Iceland might take Tilikum back and that someone has apparently come up with the $$ to put him in a sea pen. As Kirby says, « SeaWorld would get rid of the Tilikum problem…and get PR points for doing the right thing in allowing this show business animal that has been performing his entire life to go retire — possibly back in Iceland. » There is talk of others whales as well that might be eligible for retirement

http://www.wmfe.org/audiointersection/013112.mp3

Into the Culture of Seaworld and How the Business is Changing Identity
Tuesday, January 31, 2012
By: Mark Simpson

Orca's Swimming
Orca’s Swimming

January 31, 2012 | Seaworld Orlando is moving forward after the death of an Orca trainer in 2010. Three new expansions are in the works, and an ongoing OSHA case could change how Seaworld operates with its famed Killer Whales. Intersection host Mark Simpson talks with author David Kirby about his book, « Death at Seaworld: Shamu and the Dark Side of Killer Whales in Captivity. » Later in the show former Seaworld trainer Jon Jett and Rollins College business ethics expert Mark Johnston discuss the ocean park’s training culture and business strategies as Seaworld redefines itself as more than just Shamu.

Tilikum: à quand la liberté?

Tilikum, malade, reste immobile dans son bassin

par Elizabeth Batt

24/12/ 2011

http://www.digitaljournal.com/article/316569

Orlando – Tilikum, l’orque qui a tué sa dresseuse Dawn Brancheau en 2010, est malade. SeaWorld a indiqué que l’orque réagit bien au traitement mais une association de protection animale s’étonne de ce qu’elle soit encore en vie.

Capturée à Berufjörður au large des côtes orientales de l’Islande en novembre 1983, Tilikum, l’étalon orque de Seaworld, n’avait que deux ans à l’époque..un bébé dans le monde des orques. Au cours de ses 29 années de captivité, l’orque a tué trois personnes, devenant rapidement le pire cauchemar de Seaworld qui poursuit son  programme d’orques captives. Colleen Gorman, Responsable de l’Orca Project, pense que les autorités de SeaWorld attendent patiemment que l’orque de 6 tonnes s’éteigne.

Nous avons pu nous entretenir avec Colleen, peu après sa visite de quelques heures à SeaWorld, Orlando, où elle a pu observer Tilikum. Cela fait quelque temps que Gorman suit de près l’état de santé de l’orque et elle a assisté à toutes les audiences de l’affaire judiciairevqui oppose SeaWorld à l’OSHA.

Gorman a vite compris que l’état de santé de l’orque est préoccupant:

« Chaque fois que les dresseurs viennent s’en occuper, ils utilisent un filet de petite taille pour récupérer ce qu’elle laisse dans le bassin : du mucus ou des matières fécales, ou bien les deux. Ensuite, ils lui donnent 3 comprimés de Gelatine (pour la réhydrater) et ensuite 3 petits poissons qui contiennent probablement d’autres médicaments. Elle ne bouge pas beaucoup mais comment le pourrait-elle dans ce bassin étroit qui n’a que 2m40 de profondeur et pour aller où ? Elle respire à peine et les quelques respirations que j’ai pu observer en autant d’heures sont très faibles. Elle n’a fait aucun jet. »

Il y a deux jours, SeaWorld a fait publier un communiqué selon lequel l’état de Tilikum s’améliore progressivement grâce aux soins vétérinaires qui lui sont prodigués. Nous avons donc demandé à Gorman ce qu’elle avait observé et qu’elles étaient ses conclusions.

EB: Etes-vous d’accord avec l’analyse de SeaWorld selon laquelle l’état de santé de Tilikum s’améliore?

CG: Oui, toutefois selon mes estimations, cela fait plus d’une semaine qu’elle est malade et cette amélioration est donc remarquable pour une orque. Je l’ai observée mardi (ndt :20 décembre 2011) et j’ai remarqué qu’elle peut à peine se mouvoir dans le bassin. Je suis très inquiète car ils la maintiennent dans ce bassin d’isolement médical. C’est totalement ridicule de la maintenir dans un bassin aussi petit : elle mesure 6m70 de long et ce bassin n’a que 2m40 de profondeur; il lui est impossible de se mouvoir. Ils n’ont aucune raison de ne pas la réintégrer son bassin habituel, le bassin E, plus grand et plus profond – il n’a que 4m60 de long mais c’est tout de même mieux. J’ai l’intuition que son état s’améliore parce que c’est tout de même extraordinaire qu’une orque en captivité soit restée en vie aussi longtemps alors qu’elle est malade.

EB: Que voulez-vous dire?

CG: Eh bien, j’ai fait des recherches sur presque toutes les orques maintenues en captivité. Mon associé et co-fondateur, John Kielty, a généré des statistiques sur chaque orque maintenue en captivité. John Jett, un chercheur chargé de cours à la  Stetson University et Jeffrey M. Ventre, un physicien de la Nouvelle Orléans, LA, [tous deux anciens dresseurs de SeaWorld], ont collaboré scientifiquement avec l’ Orca Project et les études ont montré que Tilikum dépasse de loin la moyenne d’âge des orques maintenues en captivité. Généralement, les orques maintenues en captivité de cette manière décèdent assez rapidement; donc si elle est encore là c’est parce que son état de santé s’améliore mais tout peut arriver.

EB: Tilikum constitue selon vous une exception?

CG: Son histoire est étonnante : elle a été capturée à l’âge de deux ans – alors qu’elle n’était qu’un bébé -et ensuite envoyée au Canada où sa vie a été un enfer. Elle était rossée par les femelles dominantes et a ensuite tué sa dresseuse (Keltie Byrne) tombée à l’eau. Cela fait des années qu’elle est à SeaWorld et elle est constamment malade. C’est en août 2010 que j’ai commencé à aller la voir, elle n’était pas bien du tout, elle ne bougeait pas. Elle était dans le bassin « Dine with Shamu » où vous pouvez la voir dans la zone d’observation souterraine…Je l’ai observée pendant environ 20 heures -deux jours d’affilée à raison de 10 heures chaque jour. Ils l’ont ensuite déplacée dans un autre bassin et je suis restée à l’observer au travers des grilles. Lorsque j’étais présente, elle flottait comme un bouchon de liège et ne bougeait pas ..Ce comportement est tout à fait anormal chez les orques : dans les océans, on n’observe ce type de comportement que lorsqu’elles sont malades. Je ne sais pas combien de temps elle peut encore survivre mais c’est une battante.

EB: Comment avez-vous fait pour l’observer mardi ?

CG: J’ai assisté à trois spectacles et je me suis assise de manière à avoir une vue sur la droite, sur le bassin d’isolement médical où ils l’ont placée. Ce n’est pas évident de la voir car ils ont installé une bâche écran et disent [SeaWorld] que le bassin est plus grand qu’il ne l’est en réalité, mais comme j’y suis allée sans cesse pour me rendre compte de son état de santé, je connais les dimensions réelles du bassin.

EB: De quoi souffre Tilikum selon vous?

CG: Les responsables de SeaWorld ne donnent aucune indication mais prennent souvent l’excuse du rhume ou de la grippe…une autre manière de parler de pneumonie. Il est très difficile d’établir un diagnostic. Evidemment ses dents sont dans un état catastrophique, elles sont perforées (ndt*) et doivent être soignées chaque jour car Tilikum développe quand même des infections. Elle a été régulièrement mise sous antibiotiques pendant toutes ces années au point qu’ils ne l’entraînent plus de la même manière. Tilikum était malade lorsqu’elle a tué Dawn [Brancheau]. Les rapports médicaux attestent, selon l’OSHA (ndt**), qu’elle était sous antibiotiques à ce moment-là et bien avant même. Je suis persuadée qu’ils pensaient qu’elle allait mourir.

EB: Pourquoi ses dents sont-elles si abîmées ?

CG: Lorsque les orques ne se sentent pas bien, elles claquent des mâchoires ce qui à la longue a pour conséquence de limer leurs dents. Elles se cassent aussi les dents en mordillant très souvent les barres des bassins ce qui provoque des perforations jusqu’à la racine. Selon moi, leur régime alimentaire est inapproprié car les orques ne se nourrissent pas de poissons morts dans les océans. Il est possible que Tilikum soit une orque nomade qui se nourrisse de lions de mer. Evidemment, personne ne sait avec exactitude si c’est le cas ou s’il s’agit d’une orque résidente qui, elle, se nourrit de poissons mais de toute manière on devrait la nourrir avec des poissons vivants. C’est la même chose pour les êtres humains : pour avoir des dents saines, il faut manger équilibré.

EB: Comment se comportent les dresseurs avec elle ?

CG: Il ne m’a pas semblé qu’ils aient fait autant que possible pour la soigner car à chaque fois qu’ils se rendaient auprès d’elle – je l’ai vu de mes propres yeux – avant et après chaque spectacle, ils ne sont jamais restés plus de 2 ou 3 minutes. La pauvre, elle restait là, la gueule ouverte pendant qu’ils s’en allaient. Cela me faisait mal au cœur parce qu’après leur départ, elle abaissait sa tête comme pour dire « Oh, ils sont encore partis. »

EB: Comment on-t-ils traité Tilikum depuis la mort de Dawn Brancheau?

CG: Après avoir tué Dawn [Brancheau], elle a été réduite à l’isolement pendant 13 mois; selon moi, SeaWorld n’avait aucune raison de lui imposer cet isolement. Ils espéraient simplement que le public l’oublie mais j’ai continué à parler d’elle sans relâche sur les réseaux sociaux et finalement ils l’ont réintégrée dans les spectacles.

EB: Les dresseurs sont-ils autorisés à pénétrer dans le bassin où elle se trouve ?

CG: Ils n’ont jamais été autorisés à rester dans l’eau avec elle ; c’est leur méthode, ils ont une procédure « Tili » qu’ils appliquent à la lettre.  SeaWorld a accusé Dawn, après son décès –de s’être trouvée au mauvais endroit mais il n’y avait aucune faute : quelques dresseurs s’étaient déjà approchés très près d’elle avant Dawn : ils l’ont touchée et ont fait de l’entrainement ‘à sec’ (ce qui se fait même dans quelques cms d’eau). L’entrainement dans l’eau, c’est quand ils plongent avec elle.

EB: Sont-ils autorisés à pénétrer dans l’eau pour soigner Tilikum?

CG: Ils ne pénètrent pas dans le bassin pour la soigner, ils n’ont aucun contact physique avec elle à moins qu’elle ne soit hors de l’eau et qu’ils puissent la contourner par derrière pour lui injecter son traitement à l’aide de seringues. Cette interdiction faite aux dresseurs n’est pas une méthode imposée par l’OSHA, c’est la procédure mise en place chez SeaWorld: leur protocole est appliqué dans tous leurs parcs. L’OSHA ne préconise pas ces méthodes et les gens, en particulier les fans, ne savent plus qui est responsable parce qu’ils accusent l’OSHA d’empêcher les dresseurs de se trouver dans l’eau avec les orques. Ces accusations sont parfaitement ridicules.

EB: Donc ils pourraient aller dans le bassin avec les orques si nécessaire?

CG: SeaWorld s’évertue à blâmer l’OSHA ; pourtant  Kelly Flaherty Clark, qui travaille comme dresseuse à SeaWorld, tout comme quelques autres dresseurs reprochent au parc de ne pas avoir pu sauver Kalina, une autre orque décédée en octobre 2010, parce qu’ils ne pouvaient pas pénétrer dans le bassin où elle se trouvait alors qu’ils en avaient la possibilité.

EB: Selon vous, que va-t-il arriver à Tilikum maintenant?

J’avais le profond sentiment qu’elle serait morte avant la fin de cette année. J’ai du mal à croire qu’elle soit encore en vie parce qu’elle est seule tout le temps, mais elle s’accroche. Je vais continuer à me battre pour sa remise en liberté et pour qu’elle soit renvoyée en Islande où elle pourra séjourner dans  une baie et sera soignée dans son environnement naturel. A mon avis, sa place est dans l’océan même si son espérance de vie est d’un mois, six mois, un an… peu importe la durée. Evidemment, si elle décède dans un laps de temps assez court après sa remise en liberté, cette initiative sera perçue comme un échec.

Keiko, l’orque rendue célèbre par le film Free Willy (Sauvez Willy) (1993) a été remise en liberté en 2002 après des années de captivité. Le 9 septembre 1998, Keiko est arrivée en Islande pour sa réhabilitation avant sa remise en liberté. L’ Orca Network a déclaré, « dès qu’elle a été immergée, Keiko a arqué sa queue pour s’extirper rapidement de la civière et a immédiatement plongé. Elle a refait surface une longue minute plus tard, faisant des cercles dans la baie, utilisant son sonar et émettant des sons frénétiquement ». Deux jours plus tard, Keiko émettait des sons comme jamais et son niveau d’activité était plus élevé dès qu’elle s’élançait hors de l’eau.

Le docteur vétérinaire Cornell, en charge de Keiko, déclara qu’il était très ému par les réactions de l’orque. “En tant que vétérinaire, responsable médical de Keiko et en tant qu’être humain,” affirma-t-il, “on ne peut rêver mieux.” Indépendamment du fait que la santé de Keiko n’avait jamais été aussi bonne depuis des années, certains considèrent encore aujourd’hui que sa remise en liberté fût un échec. Ce n’est pas ce que nous raconte le documentaire oscarisé  « Keiko The Untold Story », qui décrit l’immense joie avec laquelle l’étalon orque apprécia sa nouvelle liberté.

L’ Orca Project Corp est une association loi de type 501(c)(3), qui collabore avec des experts en mammifères marins et des soigneurs professionnels afin d’informer le public et de faire modifier le contrôle qu’exerce le gouvernement sur le mode de captivité des mammifères marins à des fins de recherche, d’étude et d’éducation.

SeaWorld, bien que contacté à propos de la maladie de Tilikum, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Pour en savoir plus: http://www.digitaljournal.com/article/316569#ixzz1hogYAU9w

Traduction : Marjorie Benedict pour La Fondation AWAY (28/12/2011)

Ndt* :il est connu que la mauvaise dentition peut conduire à une multitude de maladies, y compris la cardiopathie valvulaire, la gingivite, pneumonie, accident vasculaire cérébral et crise cardiaque. Les dents perforées portent des trous représentant une route directe pour les agents pathogènes d’entrer dans la circulation sanguine où ils peuvent ensuite être déposés dans les tissus des divers organes dans tout l’organisme, comme le cœur ou le rein. Malheureusement, les autopsies d’orques sont principalement faites à l’interne, par le personnel du parc et sous secret. « 

 

Ndt** : Aux Etats-Unis, l’un des moteurs de la sécurité est l’Occupational Safety and Health Administration (OSHA). L’OSHA a été créée en 1970 par une loi du Congrès américain. L’objectif de cette loi est de créer des conditions de travail à la fois saines et sécuritaires, et de protéger le personnel. Cette loi autorise le Ministère du travail à définir des normes obligatoires relatives à la sécurité et la santé au travail.

Is a Dolphin a Person ?


Are dolphins as smart as people? And if so, shouldn’t we be treating them a bit better?
Those were the questions scientists and philosophers debated at a session here on Sunday.
Dolphins, it turns out, are pretty darn smart. Panelist Lori Marino, an expert on cetacean
neuroanatomy at Emory University in Atlanta, said they may be Earth’s second smartest creature, after humans, of course.
Bottlenose dolphins have bigger brains than humans (1600 grams versus 1300 grams), and they have a brain-to-body-weight ratio greater than that of great apes (but smaller than that of humans), said Marino. “They are the second most encephalized beings on the planet.”
But it’s not just size that matters. Dolphins also have a very complex neocortex, the part
of the brain responsible for problem solving, self-awareness, and various other traits we
associate with human intelligence. And researchers have found spindle neurons in
dolphin brains called von Economo neurons that in humans and apes have been linked to
emotions, social cognition, and even theory of mind: the ability to sense what others are
thinking. Overall, said Marino, “dolphin brains stack up quite well to human brains.”
What dolphins do with their brains is also impressive. Cognitive psychologist Diana
Reiss of Hunter College of the City University of New York has been working with dolphins in aquariums for most of her career, and she said their social intelligence rivals that of the great apes. Dolphins can recognize themselves in a mirror, a sign of self-awareness. They can understand complex gesture “sentences” from humans. And they can learn to poke an underwater keyboard to request toys. “Much of their learning is similar to what we see with young children,” said Reiss.


So if dolphins are so similar to people, shouldn’t we be treating them more like people?

“The very traits that make dolphins interesting to study,” said Marino, “make confining
them in captivity unethical.” She noted, for example, that, in the wild, dolphins have a
home range of about 100 square kilometers. In captivity, they roam one 10-thousandth of one percent of this area.
Far worse, Reiss said, is the massive dolphin culling ongoing in some parts of the world, which she documented with a graphic video of dolphins being drowned and stabbed in places like the Japanese town of Taiji.
Thomas White, a philosopher at Loyola Marymount University in Redondo Beach,
California, suggested that dolphins aren’t merely like people—they may actually be people,
or at least, “nonhuman persons.” Defining exactly what it means to be a person is difficult,
White said, but dolphins seem to fit the checklist many philosophers agree on. There are the obvious ones: They’re alive, aware of their environment, and have emotions; but they alsoseem to have personalities, exhibit self-control, and treat others appropriately, even ethically.
When it comes to what defines a person, said White, “dolphins fit the bill.”
Still, experts caution that the scientific case for dolphin intelligence is based on relatively
little data. “It’s a pretty story, but it’s very speculative,” says Jacopo Annese, a neuroanatomist at the University of California, San Diego. Despite a long history of research, scientists still don’t agree on the roots of intelligence in the human brain, he says. “We don’t know, even in humans, the relationship between brain structure and function, let alone intelligence.” And, Annese says, far less is known about dolphins. –DAVID GRIMM

La croisade anti-captivité du Dr Lori Marino

Les dauphins en captivité: une insulte à leur intelligence?

Un nouveau mouvement  s’active à mettre un terme à la recherche sur les dauphins captifs dans les zoos et les aquariums mais les sceptiques pensent que ce mouvement pourrait sonner le glas d’un secteur productif et condamner ces animaux dans la nature.

 Delphinarim de Munster, Allemagne

Tab et Prestley sont des dauphins de spectacle type qui ont passé leurs journées à l’Aquarium de Brooklyn à New York, nageant dans l’eau turquoise de leur grand bassin  extérieur, s’élançant dans les airs pour divertir les spectateurs  qui pouvaient les observer au travers d’épaisses vitres en plexiglas.

En 1998, ils ont cependant eu l’occasion de participer à une expérimentation scientifique révolutionnaire : chaque matin avant les spectacles, Diana Reiss, spécialisée en psychologie cognitive,  griffonne quelques triangles et cercles de couleur noire sur le front, le dos et les nageoires de Tab et Presley—des endroits du corps que les grands dauphins ne peuvent apercevoir. Ensuite,pendant que la biologiste et psychologue Lori Marino observe la scène de loin, Reiss place un miroir dans le bassin. Les deux dauphins se sont immédiatement dirigés vers le miroir et ont commençé à inspecter leurs nouveaux tatouages, se retournant pour vérifier chaque marque

Bien que cela puisse nous paraître normal, les deux dauphins ont accompli quelque chose de tout à fait extraordinaire. Ils ont montré qu’ils pouvaient reconnaître leur propre reflet – un test de prise de conscience que seuls les chimpanzés et les humains avaient pu réussir jusqu’à présent.

Cette découverte représente une avancée majeure dans la recherche sur les dauphins et pose les jalons dans le domaine des capacités cognitives chez les animaux. Mais elle a également fait germer un sentiment dérangeant dans l’esprit de Lori Marino : si les dauphins ont une conscience comme les humains, de quel droit les maintenons-nous en captivité ?

Le Dr Marino a essayé de chasser cette pensée de son esprit : la science -s’est-elle dit – devait passer avant tout. Cependant, lorsqu’ elle envisage, avec le Dr Reiss,  de poursuivre ses recherches sur les miroirs quelques années plus tard, elle  apprend que Tab et Priestley ont été séparés et transférés vers d’autres parcs aquatiques où ils sont décédés des suites d’infection à l’âge de 20 ans, la moitié de la durée de vie moyenne d’un dauphin libre.

Le Dr Marino fut profondément touchée par ces décès. Les années suivantes, elle abandonna ses recherches dans les parcs aquatiques, cessa toute relation avec le Dr Reiss et lança une croisade pour libérer tous les dauphins en captivité.

Marino nage cependant à contre-courant. Bien que ses collègues se sentent concernés par le bien-être des dauphins, la plupart d’entre-eux en sont venus à la conclusion que la recherche en captivité est à la fois la meilleure méthode pour apprendre le degré d’intelligence de ces créatures et la meilleure façon de protéger leurs congénères en liberté. “Des questions d’ordre éthique se posent toujours lorsque l’on étudie les animaux en captivité, déclare Richard Connor, spécialiste du comportement animal de l’Université de Massachusetts, à Dartmouth, qui étudie les dauphins en liberté dans la Shark Bay (Baie aux Requins) en Australie. »Toutefois, ce que le Dr Marino propose mettra un terme à la science qui étudie les capacités cognitives des dauphins ».

Le cerveau de Flipper

Tab et Presley ont sans doute démontré que les dauphins ont un cerveau d’une importance non négligeable mais les expériences faites avec leurs prédécesseurs quelques années auparavant  n’avaient abouti à rien de concret. Les premières études sérieuses sur l’intelligence des dauphins se sont déroulées  dans un lieu inhabituel aux Marine Studios (Studios aquatiques), un aquarium situé sur la côté nord-est de Floride, ayant servi de décor pour des films de série B tels que la Créature du Lagon Noir (1954), devenu plus tard le Marineland. Lors d’une visite du parc en 1955, John Lilly, un pionnier en matière de recherche sur le cerveau fût fasciné par les grands dauphins et y installa un laboratoire de recherches. Ses premières expériences furent très cruelles : il implanta par exemple des électrodes dans les crânes de dauphins vivants mais il réalisa également des études moins invasives, notamment en analysant les sifflements et d’autres sons émis par ces animaux. Lilly acquit la certitude, sur la base de ses recherches, que les dauphins sont des animaux d’une très grande intelligence et qu’ils possèdent un vocabulaire complexe – ses découvertes ont permis à une nouvelle génération de chercheurs de poursuivre les études sur les dauphins.

Jusque dans les années soixante, la Marine américaine avait lourdement investi dans la recherche sur les dauphins et en priorité dans la poursuite d’intérêts militaires, entrainant certains des premiers dauphins à retrouver des torpilles et des mines dans les fonds marins. Grâce à un environnement de travail dans des bassins immenses et à ciel ouvert, la Marine américaine a également obtenu des avancées spectaculaires dans la compréhension de la physiologie des dauphins et de leur système d’écholocation (en utilisant une série de clics ciblés, les dauphins peuvent retrouver un poisson enterré dans le sable à une distance de plusieurs mètres).

Entretemps, Lilly avait commencé à perdre la raison. Bien que ses recherches aient captivé l’imagination du public – inspirant la réalisation de films tels que Flipper en 1963 et permettant d’accroître le succès des parcs aquatiques – il commença à émettre des hypothèses fantasques, arguant par exemple que les dauphins étaient la clé de la communication avec les extraterrestres. Il donna également du LSD à quelques dauphins pour tenter de communiquer avec eux.. Le comportement de Lilly menaçait de torpiller toutes les démarches scientifiques concernant les dauphins.

Heureusement, Lou Herman, un ancien officier de l’Intelligence Air Force, sauva les meubles en créant en 1970 à Honolulu (Hawai) un laboratoire de recherches dédié uniquement aux dauphins. En travaillant dans d’anciens bassins à requins,  Herman démontra que les dauphins pouvaient comprendre deux langages artificiels – l’un basé sur les sons électroniques et l’autre sur les gestes de la main d’un entraineur – et qu’ils pouvaient comprendre la grammaire et la syntaxe. Ils pouvaient même créer leurs propres scénettes sur commande et comprendre les indications humaines, une capacité que les chimpanzés ne possèdent pas.

Lorsqu’Herman ferma son laboratoire en 2004, il avait ouvert la voie à des dizaines de chercheurs dont certains continuent à mettre en évidence, par des observations complémentaires,  l’étendue de l’intelligence des dauphins, notamment l’utilisation d’outils et les traditions culturelles. Quand Marino  décida d’arrêter sa collaboration avec l’Aquarium de New York, ce n’était pas seulement en raison des décès de Tab et de Presley mais aussi en raison de l’importance grandissante de dizaines de recherches suggérant que le cerveau des dauphins n’est pas fort différent du nôtre.

Croisade contre la captivité

Fin janvier 2006, Haley, un jeune dauphin Tursiops Truncatus (Grand dauphin), détenu au zoo de Minesota,  sauta hors de son bassin et se fracassa la tête sur les bordures en béton. Ses entraineurs, pensant qu’il allait bien, le ramenèrent dans l’eau où il arrêta très vite de remonter pour respirer. Le temps que les plongeurs l’atteignent, Harley était décédé d’une fracture du crâne. Marino , qui travaille maintenant à l’ Emory University à Atlanta, affirme que de tels incidents illustrent les dangers  que représente la captivité pour les dauphins. Les bassins des dauphins sont traités chimiquement, dépourvus de toute vie marine et ne représentent qu’une fraction infime des centaines de kilomètres carrés que ces animaux parcourent habituellement dans les océans.

Marino confirme qu’il ne faut pas s’étonner de voir les dauphins, animaux sociaux et intelligents, nager en cercle et sauter hors de leur bassin ; ces marqueurs de stress accélèrent les infections de type gastro-entérite, infections dues à des champignons et autres qui sont la cause de leur mort prématurée . « Vous ne pouvez pas reproduire l’habitat naturel de ces animaux ».

Les conclusions du rapport commandité en 2009 par la Humane Society of the United States et la World Society for the Protection of Animals sont identiques. Se basant sur les données des parcs aquatiques et des aquariums, le Département des Pêcheries de la marine nationale américaine (U.S. National Marine Fisheries Service), et sur des études longitudinales sur les dauphins sauvages, The Case Against Marine Mammals in Captivity fait observer que le taux annuel de mortalité des dauphins en captivité oscille entre 5.6% et 7.4% alors qu’il n’atteint que 3.9% dans leur environnement naturel. Quant au taux de mortalité des orques, c’est encore plus inquiétant: 6.2% à 7% en captivité contre 2.3% dans la nature. La conclusion du rapport est sans appel :  “L’ensemble des expériences réalisées sur les mammifères marins en captivité diverge à un point tel des constats effectués en milieu naturel  que l’on ne peut que les rejeter en bloc”.

Après la mort de  Tab et Presley, le Dr Marino refusa les propositions de travail que lui faisaient les aquariums et n’entreprit des recherches que sur les dauphins déjà décédés.

En pratiquant des scanners MRI et CT scans sur des dauphins échoués, elle s’est rendue compte que—en toute proportion avec la taille du corps—ces animaux possédaient le second plus grand cerveau sur la planète, plus grand que celui des chimpanzés et dont la taille était légèrement inférieure à celles des humains’. Elle a également découvert que les dauphins possèdent un néocortex très complexe qui est lié chez les êtres humains aux facultés de résolution de problèmes, de conscience de soi et de ressenti chez les humains- (Science, 26 février 2010, p. 1070).

Riche de ces données, Marino déclare “Je ne pouvais pas, en toute connaissance de cause, continuer à défendre la recherche en captivité,” . Elle se considère maintenant comme une “avocate de choc” et a rallié à sa cause d’autres scientifiques comme Denise Herzing, une psychologue de la Florida Atlantic University à Boca Raton, qui entreprend des recherches uniquement en milieu naturel. Herzing confirme que d’autres scientifiques qui étudient les dauphins leur ont emboité le pas en déplaçant leurs activités à l’extérieur tout simplement.Ce qui différencie Marino de ses collègues scientifiques c’est qu’elle essaie de fomenter une révolution.

Marino a également travaillé en partenariat avec des associations de défense telles que la TerraMar Research, une ong qui lutte pour la protection de la vie sauvage des océans et est basée à Seattle dans l’état de Washington.

Sa directrice, Toni Frohoff, défend l’idée que si les dauphins sont des êtres conscients comme les êtres humains , ils doivent bénéficier des mêmes droits. “Plus nous prendrons conscience de la sensibilité des dauphins », déclare-t-elle, “plus importante deviendra notre responsabilité éthique envers eux. Nous ne pouvons les considérer comme de vulgaires poissons rouges ou des rats de laboratoires.”

S’inspirant du projet des Grands Singes, un rassemblement de scientifiques et de défenseurs de la cause animale qui ont soutenu l’idée que les chimpanzés et leurs cousins doivent se voir accorder des droits juridiques élémentaires (Science, 1er avril, p. 28), Marino s’est associée à d’autres scientifiques, défenseurs de la nature et philosophes pour rédiger une  “Déclaration des  Droits des Cétacés” en 2010. Ce document postule qu’aucun cétacé – un groupe qui inclut les baleines et les dauphins—“ne devrait être maintenu en captivité … ou arraché à son environnement naturel.” Au contraire, les cétacés ne devraient être étudiés qu’en liberté dans leur environnement naturel. Marino et ses collègues ont rassemblé plus de 3200 signatures et espèrent pouvoir présenter in fine la déclaration devant les Nations Unies. “Nous souhaitons que ce document constitue le point de départ d’une nouvelle approche,” déclare Marino. “Nous avons besoin d’amener la science sur un terrain qui ne compromette pas nos choix éthiques.”

 Contre-attaque

Stan Kuczaj, ignorant la position adoptée par le Dr Marino, demanda en 2010 une série d’articles sur les mammifères marins pour son journal,  l’International Journal of Comparative Psychology, (Le journal International de la Psychologie comparative). Il ciblait essentiellement le rapport publié en 2009 par la Humane Society, lequel  à la lecture des deux numéros et de plus de 600 pages, indiquait que la plupart des scientifiques de renom défendaient l’idée que la recherche en captivité était indispensable à la compréhension des dauphins et d’autres mammifères marins, permettant également de les protéger dans la nature.

Lui-même, psychologue à l’Université du Sud Mississippi à Hattiesburg, étudie le comportement des dauphins et leur mode de communication en captivité et en liberté, et pense également que les articles sont une réfutation efficace de l’argumentaire de Marino et de ses alliés : “je ne crois pas qu’il existe des données irréfutables qui puissent soutenir certaines de leurs revendications”. Il admet par exemple que les dauphins sont intelligents mais indique qu’il n’existe aucune preuve que leur intelligence soit comparable à celle des humains. “L’on n’arrive même pas à mesurer de façon efficace l’intelligence des humains. Nous faisons même pire lorsque nous essayons de comparer les espèces,” déclare-t-il. Marino et ses amis tentent de « faire admettre leurs opinions personnelles sur le terrain.” Herman ne partage pas cette opinion. En tant que père spirituel de la recherche sur les facultés cognitives des dauphins et ayant écrit des articles pour le Journal, il indique que les preuves avancées d’un taux de mortalité plus important en captivité que dans la nature sont « très, très discutables,” ajoutant qu’une étude récente, basée sur les données du Service des Pêches de la Marine Nationale n’a montré aucune différence significative.“Les dangers mortels sont bien réels dans la nature : 50% des dauphins en liberté portent des marques de morsures de requins – et je parle de ceux qui sont encore en vie.”

Marino lui rappelle John Lilly qui comparait le maintien en captivité aux camps de concentration: “Lorsque vous mélangez la politique et la science, vous perdez votre objectivité.” Herman reconnaît qu’il s’est lui-aussi interrogé sur l’aspect éthique du maintien des dauphins en captivité.

Toutefois, il constate que Marino base la plupart de ses arguments éthiques sur la connaissance qu’elle a acquise de par ses études sur les dauphins en captivité. “C’est là toute l’ironie. Comment sont-ils persuadés que les dauphins sont intelligents ? Grâce aux recherches sur les dauphins en captivité. Maintenant, ils exigent que nous abandonnions ce type d’approche scientifique.” Herman assure qu’il n’aurait jamais pu atteindre des résultats aussi significatifs en étudiant les facultés cognitives des dauphins en liberté. Les chercheurs doivent entraîner les animaux, collecter des données de base référentielles et suivre les individus pendant des mois ou des années. Il rajoute: “La Science exige des contrôles et de la répétitivité. Ce qu’ils proposent s’apparente à une chimère.”

Les dauphins sont-ils réellement malheureux en captivité ?

Le directeur de recherche en biologie de la  National Marine Mammal Foundation à San Diego, en Californie,  Dorian Houser , ne partage pas ce point de vue : “les êtres humains ont oublié ce qu’impliquent la recherche de nourriture et le fait de constituer une proie pour un autre animal,”. Houser a travaillé avec des dauphins soldats : “ces animaux reçoivent trois repas complets par jour et une assistance médicale régulière ce dont la plupart des gens ne bénéficient pas.” Dans la baie de San Diego, les bassins à ciel ouvert de la Marine ne sont séparés de l’océan que par un simple ponton au dessus duquel les dauphins pourraient sauter avec facilité – s’ils le souhaitaient, déclare-t-il. Aucun ne l’a fait.

Qui plus est, déclare Houser, les résultats des recherches en captivité ont aidé les scientifiques à comprendre que les dauphins sont sensibles au bruit, à la pollution et à d’autres éléments—ce qui a permis à la Marine de mettre en place un manuel de protection plus efficace- tandis que des dizaines d’années de recherche sur la physiologie des dauphins permettent aux sauveteurs de remettre à la mer les animaux échoués. Il est à remarquer, dit-il, que la recherche en captivité est fort réglementée par  bon nombre d’agences gouvernementales, une position que partage Marilee Menard, directrice de l’ Alliance of Marine Mammal Parks and Aquariums, qui représente les intérêts de 55 entités de par le monde. “Ces animaux ne subissent pas de stress, ils se reproduisent avec une grande facilité »” déclare-t-elle. “Que vous faut-il de plus ?”

Cependant, les partisans de l’étude des dauphins en captivité émettent d’énormes inquiétudes sur l’impact qu’aurait une interdiction de détention d’animaux dans les zoos et les aquariums, arguant que cette initiative annihilerait la recherche sur les facultés cognitives des dauphins. Au cours de la dernière décennie, les chercheurs ont fait des découvertes étonnantes sur les capacités cognitives d’autres animaux : par exemple, les geais sont capables de planifier et les chiens comprennent la notion d’inégalité.

“Bon sang, nous avons besoin de vérifier cela chez les dauphins,” s’exclame Connor de l’Université du  Massachusetts. “Nous venons seulement de découvrir une part infime de leurs capacités,”  et “Il ne suffit pas de dire : « Hé, un dauphin se reconnaît dans le miroir,’ et s’en retourner chez soi.”

Cependant, Connor déclare être disposé à envisager des pistes permettant d’étudier les facultés cognitives des dauphins en liberté: “S’ils peuvent mener ces recherches avec des dauphins en liberté, tant mieux. Mais c’est à eux de nous le prouver.”

 Un nouveau modèle de recherche

Marino et son équipe envisagent de passer les prochaines années à en faire la démonstration de manière irréfutable. Mais même dans la nature, ils veulent que l’éthique soit le fer de lance de leurs recherches :travailler seulement avec des baleines et des dauphins qui auraient ‘décidé’ d’interagir avec les humains – soit parce qu’ils sont curieux ou parce qu’ils sont habitués à la présence humaine – une approche controversée que Marino et Frohoff définissent comme une coopération scientifique.”

Elles se basent en ce sens sur le travail du Dr Herzing de la Florida Atlantic Universitty. Pendant plus de 20 ans, Herzing et ses collègues se sont déplacés sur un catamaran à environ 65 kilomètres des côtes: l’eau y est claire et peu profonde, deux familles de dauphins y vaquent librement à leurs occupations. Les dauphins se sont habitués à cette présence constante et les ignorent, tout comme les grands singes et les éléphants sont habitués à la présence de l’homme dans leur environnement naturel. En plongée, Herzing et ses collègues utilisent des cameras et des hydrophones pour enregistrer les comportements et les sons; ils enregistrent des données génétiques à partir des matières fécales récoltées, tout cela sans aucune interaction avec les animaux.

En 2008, son équipe a démontré que les mères apprennent à pêcher à leurs petits ce qui représente l’apprentissage social le plus important aux yeux  des scientifiques lesquels pensaient qu’il n’ était réservé qu’aux primates. « Nous voulons que les scientifiques envisagent d’utiliser de nouveaux outils et de nouvelles techniques » indique Herzing. Kuczaj déclare qu’Herzing a atteint son objectif de mener un bon travail de recherche sur les facultés cognitives des dauphins en liberté.

Marino travaille à l’heure actuelle à transposer plusieurs protocoles d’études scientifiques dans un milieu captif à la recherche sur les dauphins en liberté. Elle voudrait par exemple essayer de reproduire les tests du miroir en plein océan, en modifiant les techniques que Reiss et elles ont utilisées à l’Aquarium de New York.

Tout en peaufinant les détails de leur projet,  Marino and ses collègues mettent au point un programme ambitieux pour mettre un terme – par étapes – à la captivité des baleines et des dauphins aux Etats-Unis. Ils espèrent que leurs efforts provoqueront chez le public un boycott des 30 parcs aquatiques et aquariums qui existent encore aux Etats-Unis, avec comme conséquence la fermeture inévitable de ces cirques pour dauphins et baleines qui hébergent environ 400 animaux. Herzing rêve de créer une sorte de « lieu de retraite », un lagon où ces animaux pourraient vivre avec d’autres membres de leur espèce jusqu’à leur mort, à l’image des sanctuaires créés pour les chimpanzés et les éléphants.

Marino affirme que son objectif ultime est de convaincre les futures générations de scientifiques passionnés par les dauphins qu’ils n’ont pas besoin de les étudier en captivité. Elle souhaite qu’ils déploient leurs recherches sur les dauphins en liberté et n’aient pas à vivre ce qu’elle a enduré avec la disparition de Tab et Presley.

Quant à Reiss, elle continue ses recherches sur les dauphins en captivité—une prise de position qui éloigna Marino définitivement d’elle en 2009— et ne soutient pas le projet de son ex-collègue, convaincue que les recherches sur les dauphins en captivité ont gardé toute leur crédibilité scientifique.

Cependant,  Reiss est convaincue que les scientifiques qui étudient les dauphins peuvent trouver un terrain d’entente.. Basée maintenant au Hunter College de la ville de New York, elle fait la promotion d’une campagne contre le massacre des dauphins à Taiji au Japon par exemple. Marino s’est associée à cette initiative tout comme d’autres scientifiques qu’ils soient pour ou contre les recherches en captivité. Reiss , comme d’autres scientifiques qui soutiennent la recherche en captivité, est également convaincue que bon nombre de zoos et d’aquariums devraient améliorer l’accueil des dauphins. Tout le monde veut le meilleur pour ces animaux, déclare Reiss: “Ce qui m’importe le plus c’est de poursuivre les recherches, qu’elles se déroulent sur des dauphins en captivité ou en liberté.”

Cette question dépasse de loin la problématique des dauphins en captivité déclare Karen McComb, une écologiste comportementaliste de l’Université du Sussex au Royaume Uni qui a choisi d’étudier les capacités cognitives des pachydermes à l’état naturel plutôt que dans les zoos. Au plus nous découvrons le degré d’intelligence d’autres animaux, dit-elle, au plus nous sommes obligés de tenir compte des implications éthiques de notre méthode de recherche.

“Chacun s’accorde finalement à dire qu’il est opportun de prendre du recul et de réexaminer ces questions,” confie-t-elle. “C’est un débat qui a toute son importance.”

–DAVID GRIMM

Traduction: Marjorie Benedict pour la Fondation AWAY

Confessions sur les delphinariums

Melisa Sevim, ex-dresseuse  –

«  JE NE SUPPORTAIS PLUS DE GAGNER MA VIE DE CETTE FACON »

14 mars 2011 – (article par tarihinde Ziyaretçi gönderdi)

 

Rencontre avec Melisa Sevim, une ex-dresseuse de dauphins, lors de la préparation de sa video sur les delphinariums “The Other Side of the Medal; Marine Parks” (« Le revers de la médaille ; les parc aquatiques »). Elle nous a parlé de ses nouveaux projets pour les mammifères marins et a répondu à nos questions avec honnêteté sur son passé de dresseuse de dauphins.

Bonjour Melisa, parlez-nous de vous.

Bonjour, j’étudie à la Faculté des Sciences piscicoles. J’ai été dresseuse de dauphins ; soigneuse de dauphins comme on nous appelle également.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste un entrainement de dauphin ? Comment se déroule ce type d’entrainement ?

La plupart du temps, le contact d’un dauphin avec son dresseur a lieu dès leur capture ; en effet les dresseurs aident à capturer les dauphins. Ensuite, les dauphins capturés sont transportés vers les delphinariums où on les habitue d’abord à manger du poisson mort et ensuite à communiquer avec les humains. Les dresseurs soignent et entrainent les dauphins à plein temps. Ils viennent en majorité du Mexique, de Russie, d’Ukraine et d’Espagne.

 

Comment devient-on dresseur de dauphins ?  Doit-on aller dans une école spécialisée ou suivre une formation spéciale?

Le Moorpark College en Californie organise un programme de formation de deux ans qui s’appelle Gestion et formation en  animaux exotiques (« Exotic Animal Training and Management « (EATM)) mais cette formation ne donne pas les bases pour devenir dresseur de dauphins. A Mexico ? on peut suivre une formation de dresseur d’animaux appelée « ABC Animal Training » : ce sont des cours d’une semaine ou d’un mois. En réalité, ce métier s’apprend sur le tas et les références de précédents employeurs sont plus importantes qu’un diplôme..

 

Pour quelles raisons avez-vous choisi d’exercer ce métier ? Quelle expérience en retirez-vous ?

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours rêvé de pouvoir travailler avec des mammifères marins. Même s’il n’existait pas de profession à part entière, j’en rêvais. Lorsque j’étais dresseuse de dauphins, je n’ai jamais exercé mon métier de façon routinière. Je passais mon temps à observer les dauphins très tôt le matin jusqu’aux plus belles heures du soir pour m’assurer qu’ils allaient bien. Mais un jour, je n’ai plus supporté de voir ce qui se passait et j’ai décidé d’en prendre soin d’une autre façon.

Qu’est-ce qui vous a poussé à démissionner ?

Plusieurs dauphins sont morts et je me sentais de plus en plus désespérée. Je ne pouvais pas supporter de rester impuissante et de ne pouvoir les sauver ! C’est à ce moment-là que j’ai réfléchi au choix qui s’offrait à moi de m’investir beaucoup plus. J’ai donc décidé de me battre pour les protéger.

On dirait que ce que vous avez enduré vous a fait changer d’avis complètement ? Que faites-vous maintenant ?

Oui, en effet. Je suis bénévole à la Underwater Research Society – Marine Mammals Research Group (SAD – DEMAG). Nous venons de publier le rapport intitulé «  Les Dauphins, prisonniers des bassins ».

Revenons aux entraînements : combien de temps faut-il pour conditionner un dauphin à manger du poisson mort, être dressé et faire des spectacles ?

Je n’ai jamais entraîné un dauphin qui venait d’être capturé mais je puis vous dire que cela ne prend habituellement que deux mois environ. Un spectacle assez simple requiert une préparation d’environ 6 mois. Ces périodes dépendent également des dresseurs : s’ils ne sont pas assez expérimentés, cela peut durer plus longtemps. Cependant, la période d’adaptation des dauphins capturés à Taiji (Japon) est beaucoup plus longue en raison des traumatismes psychologiques et physiques qu’ils y ont subi lors de leur capture.

 

DAUPHINS SOUMIS A DES VIOLENCES PHYSIQUES

Si les dauphins ne sont pas réceptifs au dressage, les affame-t-on ou sont-ils punis sévèrement? Comment cela se passe-t-il ?

Cela dépend entièrement du dresseur. Lorsque j’entrainais les dauphins, j’ai ressenti un attachement très fort  et un contact très étroit avec un dauphin âgé de 17 ans, un peu plus âgé que les autres dauphins. Il s’ennuyait rapidement dans la piscine d’entrainement et s’éloignait de l’autre côté, il ne se préoccupait ni de la nourriture ni des instructions. Un autre dresseur expérimenté s’entendait bien avec lui mais il travaillait dans un autre bassin. Ce dauphin m’obéissait parce que nous avions un bon contact : j’étais patiente et j’éprouvais de la compassion pour lui. J’ai été témoin de la violence d’un dresseur à l’égard d’un dauphin. Il y a bien deux types de dresseurs : ceux qui font ce travail pour l’argent et ceux qui torturent les dauphins. Les dresseurs russes sont les plus cruels.

Que voulez-vous dire par « violence » ?

Il battait le dauphin ! C’est quelque chose qui arrive très souvent : ils les battent, les frappent et certains dresseurs ne les nourrissent pas. Ce sont de mauvais dresseurs car ceux qui réussissent les entrainements choisissent de commencer par le début, d’amuser les dauphins avec de petits jeux pendant les entrainements. Comme vous l’aurez compris, les dauphins s’ennuient au cours des entrainements.

La violence fait donc partie intégrante de la vie des dauphins en captivité?

Tout à fait! Malheureusement, ce sont les dauphins entrainés par des dresseurs intéressés par l’aspect lucratif qui risquent fort d’être battus et  de subir des actes cruels.

Affame-t-on les dauphins?

Cela dépend aussi du dresseur. Un bon dresseur donnera une récompense à un dauphin, même lorsqu’il réalise des tours basiques, pour ne pas le laisser sans nourriture et même si le dauphin ne s’exécute pas comme on le lui a demandé.

Que pensez-vous de la delphinothérapie ? Avez-vous déjà assisté à des séances ?

Oui, j’ai travaillé dans un bassin dédié à la delphinothérapie. J’ai vu beaucoup d’enfants et de familles dont l’état ne s’améliorait pas et qui abandonnaient après deux ou trois séances mais j’ai aussi rencontré des personnes qui faisaient quelque progrès. Je ne connais pas l’explication scientifique mais en général on pense que ce sont les effets calmants de l’eau qui permettent d’expliquer cette réussite.

 

CERTAINS DAUPHINS SONT AGRESSIFS ET NE « SUPPORTENT » PAS LES ENFANTS : DE RAGE, ILS S’ATTAQUENT

Comment vivent les dauphins en captivité?

Ils se battent jour après jour pour vivre avec des espèces différentes dans le même environnement. Ce surtout les dauphins mâles, lors de la saison des amours,  qui deviennent très nerveux parce qu’ils sont isolés des bassins où vivent les femelles. Ils sont confinés dans  des espaces réduits et leur système d’écholocation dans ce confinement les fait souffrir. La captivité rend les dauphins dépendants des hommes et les dénature complètement. Malgré tout cela, ils essaient parfois de s’amuser et de tromper leur ennui avec des jouets. Il leur arrive également de s’attaquer cruellement. J’ai vu un dauphin écraser l’aileron d’un congénère. C’est cela la face cachée des delphinariums : la vie d’un dauphin en captivité est à l’opposé des spectacles auxquels les gens assistent.

 

J’AI FAILLI MOURIR!

Par le passé, des dauphins et des baleines en captivité ont agressé leurs dresseurs. Avez-vous été témoin de cela ?

Oui, j’ai moi-même failli perdre la vie. Je travaillais avec un dauphin qui ne supportait pas les enfants. Lors d’une séance avec 4 enfants, il s’est subitement ennuyé au contact des enfants et a sauté au dessus-de moi avec tant de violence qu’il a failli m’écraser. C’est un animal qui peut peser 200 à 520 kgs ! Heureusement, il est retombé à côté de moi. Je me souviens avoir détourné l’attention des enfants pour ne pas les effrayer et avoir le temps de les éloigner. Ce dauphin s’est comporté de cette manière alors que cela ne faisait pas partie du programme de nage et qu’il n’avait reçu aucun ordre. C’est une réaction dangereuse qu’il ne faut en rien sous-estimer et je suggère aux fans de des delphinariums de faire un peu de recherche et de regarder les vidéos  sur Internet. Ce type de réactions peut être induite entre autres par la captivité, la colère, la faim, etc… Il vaut mieux ne pas mettre un dauphin en colère!

Que font-ils lorsqu’ils sont en colère ?

J’ai nagé pour la première fois avec des dauphins qui étaient malheureux et en colère. Ils détestaient ce qu’ils faisaient ! A la fin de la séance, le dresseur leur a donné leur récompense. Ne sachant pas que l’entrainement était terminé, j’ai tenté de nager avec eux et j’ai plongé avec l’un des dauphins qui m’a d’un seul coup fait tomber de son dos et repoussée avec force. Il m’a rossée à sa manière. Je veux dire qu’il m’a fait comprendre « J’ai fait ce que j’avais à faire, pourquoi continues-tu à m’ennuyer ? ».

 

LEUR NAGEOIRE DORSALE SE COURBE SOUS LE POIDS DES HUMAINS

Qu’endurent les dauphins lorsque vous nagez avec eux ?

La plus grosse erreur lorsque l’on nage avec les dauphins consiste à tenir leur nageoire dorsale car elle est faite de cartilage (les nageoires pectorales sont faites d’os). Le dauphin qui m’avait rejetée en 2005 est maintenant à Istanbul et sa nageoire dorsale est complètement courbée.

Les dauphines accouchent souvent de morts-nés dans les delphinariums. Quelle en est la cause ?

Tout simplement parce qu’elles doivent continuer les spectacles malgré leur état ! L’une des attractions consiste à faire se tenir un dauphin sur une plateforme près du bassin avec leur nageoire caudale en position verticale. Cela provoque la mort du fœtus instantanément. Dans leur milieu naturel, les dauphines donnent la vie en nageant mais en captivité, les bassins sont trop petits. Si la dauphine n’a pas une ouverture vaginale suffisante, le petit s’étouffe et meurt. Le manque de vétérinaire attaché aux delphinariums en est également une des causes car les vétérinaires spécialisés en mammifères marins doivent venir de l’étranger ce qui constitue un coût que les delphinariums préfèrent ne pas assumer.

 

Nous pensons éprouver de l’empathie à l’égard des dauphins mais qu’en est-il des personnes qui viennent pour nager avec eux ? Se rendent-ils compte des effets dévastateurs de la captivité sur les dauphins ?

Non ? pas pendant les spectacles… Ils viennent y assister et puis s’en vont enchantés sans se soucier.

Vous suivez les pas de Ric O’Barry qui a réalisé le film « the Cove » et a comme vous abandonné le dressage des dauphins pour devenir un ardent défenseur de leur remise en liberté. Vos parcours sont assez semblables. Que pensez-vous de Ric O’Barry?

J’ai beaucoup de respect pour lui. Je l’ai contacté pour avoir l’autorisation d’utiliser des images du film The Cove afin de sensibiliser la population en Turquie. Il m’a immédiatement donné l’autorisation d’utiliser les photos et je lui ai envoyé une copie de ma vidéo. Il a apprécié mon travail.

 

CERTAINS DRESSEURS DE DAUPHINS « S’EN FICHENT «  

Ces dernières années, les langues se sont déliées sur les pratiques des delphinariums. Comment les dresseurs de dauphins ont-ils réagi ? Est-ce que beaucoup se rendent compte de la situation ou bien ils y sont complètement indifférents?

Certains dresseurs veulent changer d’emploi mais ils sont bloqués financièrement. Je suis persuadée qu’ils finiront par partir dans quelques années. Malheureusement, d’autres pensent différemment : ils clament haut et fort qu’ils ont un bon boulot car ils « travaillent avec les animaux. Les gens prennent de chouettes photos et ils séduisent les garçons et les filles  qui viennent les voir. Ils se fichent éperdument du reste ».

Comment voyez-vous votre avenir ?

Tout d’abord, je ne veux plus participer à des activités commerciales qui utilisent les dauphins. Je veux dire par là que je ne veux pas gagner ma vie de cette manière. Bien au contraire, je veux faire du bénévolat  pour tous projets qui défendent les mammifères marins et vais donc changer mon orientation professionnelle

Avez-vous quelque chose à dire à tous ceux qui rêvent « de passer du temps » avec les dauphins et envisagent de devenir dresseur ? 

Je leur conseille de travailler dans des centres de revalidation de dauphins pour les soigner et leur rendre la liberté plutôt que de les dresser dans les delphinariums.

Melisa, pensez-vous que les dauphins nous “sourient”?

Je pense avoir abordé cette question très clairement dans ma vidéo. Les gens sont persuadés qu’ils sourient mais ils ont la même expression quand ils sont morts…

En conclusion?

Les delphinariums doivent leur existence au public qui s’intéresse aux spectacles avec les dauphins.  Quand les gens déserteront les delphinariums, cette industrie finira d’exister. Pour arriver à cela, il faut prendre conscience de la situation et informer un large public. Les gens doivent déserter les delphinariums et dire la vérité sur ce qui s’y passe.

Merci Melisa…

Merci à vous. Contente de vous avoir rencontré!

 Photos: Melisa Sevim/Traduction : Marjorie Benedict pour la Fondation AWAY

Cliquez sur le lien pour voir la vidéo « Other Side of the Marine Parks » de Melisa Sevim:http://www.sad.org.tr/arastirma-gruplari/demag/255-madalyonun-oteki-yuzu-deniz-parklari

 

 

Are sea sanctuaries the best way to save the oceans?

Although marine fish face many threats, one of the greatest is large-scale modern commercial fishing. Technology makes it all too easy for so-called “factory ships” to remove enormous numbers of fish from the oceans, sometimes with devastating effects on the populations of those fish and their habitat.

Marine conservationists have proposed a variety of policies to protect fish populations around the world. Of these, the concept of the marine protected area (MPA) is arguably the most popular. Though technically a marine protected area is any area of the ocean where human activities are restricted in some way, the best known version is an area where fishing is banned with the goal of letting exploited fish stocks recover.

Unsurprisingly, such MPAs aren’t politically popular. People don’t like it when the government tells them that they can’t do something, particularly when that something is how they earn a living.

Can MPAs help fish?

From a pure conservation standpoint at least, you can’t argue with the results. A meta-analysis of 124 restricted-fishing (to various degrees) MPAs in 29 countries found that while the magnitude of each change varied a great deal, in nearly every case the area inside the MPA had more animals, larger animals, and more species of animals than the area immediately adjacent to the MPA. Encouragingly, these effects can occur within a few years, and they appear to last as long as the MPA exists. Even a small MPA can make a big difference.

Figure from Lester et al. 2009

The results of this meta-analysis provide strong evidence indicating that when fishing is restricted, fish populations will increase. In other words, “duh”. While it’s nice to see such powerful evidence that MPAs are nearly always effective, these conclusions aren’t really surprising. It makes total sense than when the primary threat to a population is removed, that population will increase. It’s another claim by MPA supporters that is only recently gaining broad acceptance- the claim that closing some areas to fishing will actually benefit fisheries.

Can MPAs help fishermen?

There are two components to the counter-intuitive claim that restricting fishing can help fishermen. The first, called “adult export”, basically states that once there are too many fish in an MPA, some adults will leave the MPA in search of less crowded habitat. These fish can be harvested by fishermen. The second, called “larval export”, states that fish in an MPA will mate and their larval offspring will be carried out of the MPA by currents. These larvae will colonized somewhere else, grow up, and can be harvested by fishermen. Until recently, there was limited evidence for either of these claims, which led to numerous critiques and a lack of widespread acceptance. Powerful new evidence changes all that, but before we get to it, let’s address some of the criticisms.

It’s important to note that MPAs really only work for non-migratory species. If a fish moves outside of the protection of the MPA, then it’s susceptible to fishing pressure and the MPA didn’t do it’s job. This concept is the part of one of the most influential critiques of the “MPAs can benefit fisheries” claim. Robert Shipp performed a detailed analysis of all of the major U.S. fisheries and concluded that MPAs would not help their recovery.

First, Shipp correctly pointed out that if fish stocks are already healthy, they don’t need to recover and MPAs therefore aren’t appropriate for them (which he claims is the case for the majority of fish species- he wrote that “of landings in 2001, 75.9% of stocks of known status were not experiencing overfishing and 63.7% were not overfished.” He then stated that if animals don’t remain in the MPA, it won’t protect them and therefore MPAs are useless in their case. In other words, MPAs are most useful in aiding the population recovery of heavily exploited non-migratory species.

Of the “major fisheries” in the U.S. (14% of stocks that accounted for 99% of landings in 2001), Shipp concluded that a grand total of zero of them would benefit from MPAs*. All of the major fisheries are either not overfished, already have effective recovery plans  in place, or consist of highly migratory species like tuna.

Shipp also tried to shoot down the concepts of adult and larval spillover. He acknowledged that MPAs are effective at increasing fish population size within their boundaries, but points out that “this portion of the stock has been removed from the harvest”- in other words, from a fisherman’s perspective, the fish might as well not exist because the fisherman can’t catch them. He claims that adult spillover from an MPA “will always be less than that of a properly managed stock” in a non-protected area”, and that larval spillover “may be beneficial, but only for a seriously depleted stock” because “larval production…does not normally relate strongly to year-class strength”. You can feel the frustration of a scientists tired of making what he perceives as a basic point when he writes “this principle has been the subject of scores of books and thousands of publications since it was espoused nearly 150 years ago by Darwin”. Oh, snap!

Is this paper proof that MPAs are ineffective and shouldn’t be used for fisheries management? No, not really. Though Shipp provides a refreshingly different perspective and makes some valid points, there are several major flaws in his reasoning. Yes, if a fish leaves the protection of an MPA is is vulnerable to fishing. However, a cleverly-designed network of MPAs based on the migration patterns of a fish can protect it for large portions of its life, and some protection is a lot better than none at all.

Yes, most U.S. fish stocks aren’t “overfished” or “experiencing overfishing”, but  these are legal words with specific definitions. Using them hides that many species have suffered serious population declines, and it omits non-target “bycatch” species, many of whom have also declined in population. Also, using only the “major” fish stocks omits 86% of harvested species in the U.S. from his analysis. They may not be as economically important as tuna, but fishermen depend on them, too.

Yes, adult spillover from an MPA will result in less yield than a well-managed fishery, but it will result in much more yield than a poorly managed fishery that collapsed. Shipp would also do well to keep in mind that fish inside an MPA are much larger than those outside, and for some fisheries catching fewer larger fish can be the economic equivalent of catching more smaller fish.This principle may not support supertrawlers and factory ships, but it can likely support coastal fishing fleets. It can also benefit charter boats, whose hires only want to catch a few big fish to begin with.

With all due respect to Robert Shipp and Charles Darwin, while larval production may not be related to year-class size, it’s undeniably related to the size of a female. For example, one 24-inch vermillion rockfish has more eggs than 17 14-inch-ers. Recall that female fish are larger inside MPAs than outside, and some of your confidence in MPAs should be restored.

New evidence of “larval spillover”

With the major criticisms of MPAs out of the way, let’s discuss an exciting new paper and the evidence for larval spillover that it presents. Adult spillover is relatively easy to prove (we’ve been able to tag and track fish for decades) and has been demonstrated worldwide, but the larvae of many species are so small that they’re almost microscopic. Saying “it’s incredibly difficult to track millions of tiny fish in the open ocean” may be one of the biggest understatements I’ve ever written. The best way to do it is by proxy through the use of complex genetic tools, specifically parentage analysis.

Parentage analysis is complex, but basically if you know the genetic makeup of a community’s adults and you test the genetic makeup of offspring, you can determine who the parents are. If the genetic makeup of offspring matches that of parents that live far away, larval dispersal can be inferred. That’s exactly what Oregon State researchers did with yellow tang in Hawaii.

Figure 1 (Christie et al. 2010). Adult yellow tang photographed off the west coast of Hawaii, where they are the basis of a thriving aquarium industry fishery. Credit WJ Walsh

Using parentage analysis, the authors found evidence of larval dispersal over a distance of 184 km. The significance is explained in the Underwater Times coverage of this research:

“We already know that marine reserves will grow larger fish and some of them will leave that specific area, what we call spillover,” said Mark Hixon, a professor of marine biology at OSU. “Now we’ve clearly shown that fish larvae that were spawned inside marine reserves can drift with currents and replenish fished areas long distances away.This is a direct observation, not just a model, that successful marine reserves can sustain fisheries beyond their borders,” he said. “That’s an important result that should help resolve some skepticism about reserves. And the life cycle of our study fish is very similar to many species of marine fish, including rockfishes and other species off Oregon. The results are highly relevant to other regions.”

While I’m excited by these results, I want to point out some important caveats that other media coverage omitted. While it’s true that yellow tangs have a similar life cycle to fish like rockfishes, they have a drastically different life cycle to most exploited species (for one thing, they have a very small home range). Their primary threat is the aquarium industry, not being harvested for food, and there are important differences between the two that potentially limit how broadly applicable these findings are. Finally, this study only identified two fish that had undergone long-distance MPA-to-harvested-area larval dispersal. It’s remarkable that they found anything at all, but two fish is probably not going to convince a skeptical fisherman or lawmaker. If anything, this research is significant in that it shows a method that works for tracking larval dispersal. These methods will likely be used in the future, which will likely lead to more evidence supporting larval spillover. Now we know for sure that it happens, but we still need to demonstrate that it happens on a large enough scale to be effective at rebuilding collapsed fisheries.

Conclusions

It’s worth noting that MPAs can’t protect fish from every major threat. Ocean acidification and pollution (such as, say, an oil spill) won’t stop at an imaginary political boundary surrounding an MPA. Their effectiveness for highly migratory species is questionable (though it is likely better than Robert Shipp claims). Without proper enforcement, they might not work at all- to an unscrupulous fisherman, the draw of so many large fish in such a small area may be too great to ignore.

However, decades of research from around the world show that marine protected areas help a great deal, and therefore it is a priority in our struggle to save the oceans.

 


* This refers to MPAs in the sense I’ve been using the term throughout this post. Shipp did acknowledge that seasonal closure of spawning areas would benefit many species.

ResearchBlogging.org

 

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La pollution sonore tue les baleines à bec

Rien de plus légitime que de se poser cette question au vu des échouages successifs de ces cétacés sur l’île grecque de Corfou, au sein d’une région déjà lourdement affectée par les exercices militaires de l’OTAN.

Ce 30 novembre 2011, 3 baleines à bec de Cuvier se sont échouées en deux endroits distants de 23 km, sur l’île grecque de Corfou.

Peut-on établir un lien entre l’échouage massif des baleines à bec de Cuvier et cet exercice naval ? L’hypothèse n’est pas irréaliste, bien au contraire.

Une tentative de renflouement, par la population locale, n’a pas porté ses fruits pour deux individus : l’un est mort à 200 m de la côte, retrouvé à 3-4 m de profondeur, dans une position « étrange » : la tête flottant en surface et le reste du corps sur le fond, le deuxième (s’il s’agit du même individu) s’est ré-échoué après avoir nagé sur 600 m et a été renfloué une deuxième fois, à la tombée de la nuit. Le troisième n’a pas été revu, ce qui ne signifie pas qu’il ait été sauvé.

Des sifflements réguliers en surface, venant de l’océan et dont l’intensité croissait en entrant dans l’eau, ont été entendus par les sauveteurs, pendant plus de deux heures, dans les deux lieux d’échouage. Ils étaient caractérisés par une fréquence d’émission suivie de pauses de 10 à 15 s.

Bien qu’aucun navire militaire ou de prospection sismique n’ait été aperçu par les sauveteurs, un pêcheur a cependant noté un navire de recherche « inhabituel ». L’on s’interroge sérieusement sur la possibilité d’un lien entre ces émissions sonores, la prospection pétrolière en cours ou sur le point de débuter dans cette zone, les manœuvres militaires et les échouages.

D’après les renseignements récoltés sur place quelques jours plus tard, il est confirmé que du  27 novembre au 02 décembre 2011, la marine italienne a mené un exercice d’envergure connu sous le nom de « Mare Aperto » en mer Tyrrhénienne (centre-sud), en mer Ionienne et dans l’Adriatique. Cet exercice inclut une surveillance aérienne et des lancements depuis la mer. Au moins l’un des navires participant à l’opération cette année est une frégate italienne, lance-missiles, appartenant à la classe Maestrale (qui comprend huit vaisseaux) et appelée le Scirocco (F573). Ce navire est équipé de deux systèmes de sonars actifs : le DE 1160B, similaire au AN/AQS-56 de la marine américaine et le VDS DE 1164, version profondeur-variable du même système.

Le 6 décembre 2011, trois nouvelles baleines à bec de Cuvier se sont échouées sur la côte Ouest de Corfou, toutes décédées : deux d’entre elles sur la même plage, la troisième à 9,3 km plus au nord. Le 7 décembre 2011, un autre cadavre a été découvert sur une autre plage. L’état de décomposition des animaux échoués permet de situer la mort aux alentours de celle des animaux trouvés vivants, soit le 30 novembre 2011. La répartition des découvertes s’étend sur la même zone que précédemment.

Des garde-côtes italiens ont confirmé le déroulement de l’opération militaire MARE APERTO/AMPHEX 2011 pendant l’échouage en masse. Cet exercice a impliqué deux sous-marins et s’est déroulé dans le Golfe de Taranto, de la côte ionienne de Calabre au point le plus à l’Est 37° 28′ N, 17° 60′ E.

Le Professeur Antonio Fernandez (Faculté vétérinaire – Université de Las Palmas de Gran Canaria) a, quant à lui, rendu possible l’autopsie de deux baleines échouées à Corfou, ce avec l’aide d’une équipe dépêchée rapidement sur zone et dirigée par le Docteur Manuel Arbelo. Grâce à l’état de fraîcheur de l’une des deux baleines, des lésions macroscopiques significatives ont été observées et seront documentées ultérieurement. La mobilisation du Dr A. Komnenou (Ecole de Médecine Vétérinaire, Université of Thessaloniki) a permis la coordination des vétérinaires locaux pour la collecte des prélèvements des derniers échouages.

Côté italien, une autopsie partielle a été réalisée par des membres du bureau local d’IZS (Istituto Zooprofilattico Sperimentale, équivalent de la DSV (Direction des Services Vétérinaires)) du  Mezzogiorno et des biologistes de l’Aire Marine Protégée de Capo Rizzuto : échantillons frais et organes ont été prélevés et conservés dans du formol ou congelés. La tête complète a été congelée. L’examen des prélèvements a eu lieu deux jours après l’échouage. Toutes les découvertes post-mortem seront comparées avec celles des baleines échouées de Corfou.

Vu le nombre de baleines échouées : environ 10, il est raisonnable de penser que d’autres individus ont péri en pleine mer et n’atteindront jamais les côtes ioniennes. La population locale de baleines à bec de Cuvier, de petite taille selon toute vraisemblance, a déjà subi trois échouages massifs directement corrélés à l’utilisation de sonars militaires (plus celui de l’Est de la Sicile au début de cette année).


La pollution sonore des oceans

Le silence qui régnait autrefois dans les profondeurs des océans et des mers de la planète ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. Plus de navires, une intensification des enquêtes sismiques, la prospection pour le gaz et le pétrole, les sonars militaires… Toutes ces raisons expliquent que la pollution sonore est devenue un véritable problème pour la faune marine aujourd’hui.
Un rapport publié par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), Ocean Noise: Turn it down, a démontré qu’au cours des dernières décennies, les bruits sous-marins créés par les activités humaines avaient considérablement augmenté, ce qui fait peser une menace importante sur de nombreux mammifères marins. Le bruit engendré par le transport maritime commercial, les sonars, l’exploration sismique réalisée par l’industrie pétrolière et gazière, la construction off-shore et les activités de loisir contribue à créer un environnement qui désoriente de plus en plus les cétacés.

Les baleines, dauphins, marsouins et certains autres cétacés se fient uniquement aux bruits sous-marins pour leur navigation, leurs communications et pour leur alimentation. L’augmentation de la pollution d’origine humaine peut provoquer des modifications du comportement des cétacés, par exemple l’abandon des zones de mise bas et de nourrissage, et dans certains cas extrêmes l’échouage, voire la mort.

Au cours de ces dernières années, certaines institutions internationales telles que les Nations Unies, l’OMI (Organisation Maritime Internationale) et l’Union Européenne ont accordé une plus grande attention à la pollution sonore sous-marine.

Le rapport d’IFAW sur le bruit sous-marin condamne tout particulièrement les bruits à haute intensité tels que les analyses sismiques et les sonars militaires. Ceux-ci émettent des sons supérieurs à 200 décibels qui peuvent blesser les animaux marins. Les scientifiques ont également lié les sonars à haute intensité à l’échouage fatal des baleines et dauphins.

Les grands mammifères marins communiquent grâce à des sons de très basse fréquence. Cela leur permet aussi d’identifier des sources de nourriture et de retrouver leurs partenaires. Des sons proches de ceux émis par exemple par les sonars militaires. Une étude menée par le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) vient de montrer que l’acidification croissante des océans, qui résulte de sa capacité d’absorber le CO2 atmosphérique en concentration croissante, aide certainement la planète par rapport au réchauffement climatique, mais aggrave la pollution sonore des océans. « L’acidification des mers augmente leur capacité d’absorber les sons à basse fréquence d’environ 10 % par rapport aux niveaux préindustriels », expliquent les chercheurs du Monterey Bay Aquarium Research Institute.

Si le milieu marin est devenu trop bruyant, les sons émis par les grands mammifères qui y vivent sont très fortement réduits. Le directeur scientifique de la Whale and Dolphin Conservation Society, Mark Simmonds, a expliqué que le «brouillard acoustique» engendré par les sons des activités humaines en mer peut désormais être relié à des échouages importants de mammifères, en particulier dans le cas des baleines à bec qui plongent à de grandes profondeurs. À moins d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2050, l’acidité des mers et des océans pourrait atteindre un niveau tel que les sons envoyés des navires vers les canons sismiques se propageront 70 pour cent plus en profondeur.

Le comportement des baleines à bec face aux sonars des bateaux laisse supposer qu’elles se sentent menacées, comme elles le sont par l’orque, leur prédateur naturel. Pour protéger ces mammifères marins d’une panique, les sonars devraient donc se faire plus discrets à l’avenir.

Des baleines échouées à cause des sonars

Le  système d’écholocation est basé sur l’émission par l’animal d’un son d’une fréquence particulière, renvoyé comme un écho par la cible vers le cétacé qui pourra alors l’analyser. Suivant l’orientation de l’écho, mais aussi sa netteté ou son intensité, l’animal peut en conclure la nature de la proie ainsi que sa position dans l’espace.

Malheureusement, les sonars (sound navigation and ranging) des bateaux destinés à repérer la présence de navires ennemis ou de bancs de poissons utilisent le même principe. L’innocuité de ces sonars pour les mammifères marins est ainsi de plus en plus remise en doute, notamment depuis l’inhabituel échouage et la mort de Baleines à bec de Blainville (Mesoplodon densirostris) en 2000, qui aurait coïncidé avec d’importants exercices des sonars de l’US Navy.

L’on ne sait pas grand-chose du comportement des baleines à bec car elles viennent rarement en surface mais l’on a pu comprendre leur mode de fonctionnement face aux bruits inhabituels. Pouvant plonger plus d’une heure à plus d’un kilomètre de profondeur, les baleines à bec savent en effet se faire discrètes et mystérieuses. Afin de mettre en évidence l’éventuelle nuisance provoquée par les sonars sur ces animaux, des scientifiques du Woods Hole Oceanographic Institution aux États-Unis ont utilisé deux méthodes complémentaires permettant d’analyser leur comportement en réponse aux fréquences émises par l’activité humaine.

En temps normal (A), la baleine à bec reste longtemps à environ 1 kilomètre de profondeur. Si elle entend des sonars (B) ou le son d’un orque (C), la baleine à bec se met à l’abri à 500 mètres de profondeur avant de remonter à la surface.

Les opérations militaires déséquilibrent les baleines

La première est une approche « opportuniste », consistant en l’enregistrement des réponses des baleines aux fréquences des sonars émises lors des exercices de la Navy. Alors que les « cliquetis » (les sons utilisés pour l’écholocation) des baleines sont détectés par des microphones sous-marins avant l’exercice, ils sont soudainement éteints dès le début de l’entraînement, indiquant que les baleines stoppent leur chasse et se réfugient dans une zone non polluée par le son.

Selon les résultats parus dans la revue Plos One, dès l’arrêt du sonar, les baleines reviennent progressivement chasser dans le périmètre. L’enregistrement du trajet effectué par un mâle portant une balise satellite montre plus précisément sa sortie de la zone au cours de l’exercice militaire, puis son retour, deux à trois jours plus tard.

Sonar ou orque ?

La seconde approche, expérimentale cette fois, a consisté à repasser des bandes d’enregistrements de sonars, ou des sons émis par des baleines tueuses (orques), puis à suivre une dizaine de baleines à bec dotées d’un appareil enregistreur (du son, de la position, de la profondeur). Face à ces deux types sonores différents, les baleines réagissent de la même façon, en arrêtant de produire les fréquences d’écholocation et donc de chasser, et remontent légèrement pour finalement rester vers 500 mètres de profondeur jusqu’à leur prochaine prise d’air en surface.

Ce comportement typique de protection, qui se produit dès que le niveau sonore du sonar atteint 142 décibels, indique que les baleines à bec se sentent menacées par ces fréquences comme elles le sont naturellement par les orques. Si la majorité des Cétacés semble savoir quel comportement adopter face à ces sons, il n’est pas impossible que certaines paniquent et aillent s’échouer sur les plages..

En attendant, il devient urgent que l’ACCOBAMS (Agreement on the Conservation of Cetaceans in the Black Sea, Mediterranean Sea and contiguous Atlantic area/ Accord sur la Conservation des Cétacés de la Mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique adjacente) prenne ses responsabilités et obtienne des informations précises sur la nature, la durée et la localisation des activités relevant de « Mare Aperto » ainsi que sur l’utilisation des sonars actifs.

Pour protéger les Mammifères marins, il serait donc judicieux de respecter un niveau sonore beaucoup plus faible que celui actuellement admis

Thinking about mercury & dolphins…..

The Cove collected a long list of awards including most notably an Oscar for best documentary.  These well-deserved accolades reward the filmmakers for risky and groundbreaking filming in a highly protected cove in Japan where a dolphin fishery thrives, both to feed the aquarium trade and citizens wishing to enjoy a dolphin dinner.  However, I caution viewers, as with most works of art that rely heavily on scientific information, that you should use the movie as inspiration but turn to the scientific literature for accurate information, especially in terms of mercury concerns within the dolphins. Mercury poisoning is scary, but it is only one amongst a long and growing list of toxicological concern.  Its effects are relatively well-understood and known to be primarily of concern for pregnant women and small children.

The mercury cycle courtesy usgs.gov

The Cove cites mercury concentrations in dolphin tissue as among the reasons dolphins shouldn’t grace the dinner table.  They’re definitely right but were a bit dramatic in what the dolphin meat might do to you by connecting dolphin consumption to Minamata Disease.

Here’s how it breaks down:

  • The EPA has a set of recommendations regarding mercury consumption that can basically be summed up as: if you’re a woman who is or may become pregnant or a child, avoid shark, swordfish, king mackerel, and tilefish because of high levels of mercury (.23 to 3.72 mg/kg according to the FDA).  Other seafood is alright to eat once a week in a 12 ounce portion unless you caught it in a contaminated river (as documented by your state).
  • Now we move on to dolphins, constituting a commercial fishery in Japan.  A study by Croatian team Pompe-Gotal et al in 2009 found that “total mercury levels were high, ranging from 1.51 to 136.7 mg/kg in muscle” (wet weight).  A few years earlier a Florida-based team found concentrations in muscle samples ranged from 0.26 to 47 mg/kg (Durden et al 2007) in the nearby Indian River Lagoon.  Basically, your average dolphin has way higher levels than anything on the commercial seafood market in the US and probably should be avoided.

But will eating one turn you into the mad hatter, or worse, give you Minamata disease?

The classic picture of Minamata and arguably all environmentally related health disasters, courtesy of http://www.wellesley.edu

Minamata was first described in 1956 in Minamata, Japan, in children downstream of an industrial disaster in which the Chisso Corporation dumped roughly 27 tons of mercury compounds directly into the bay on which community members depended.  They paid local fishers not to fish rather than cleaning up the wastes prior to dumping, knowing that the mercury would be incorporated into the fish tissues.  Officially, 798 people were diagnosed with the nervous system disease and a suspected 3000 more were affected, but people today continue to fish Minimata Bay and no recent cases have been reported.

According to Akagi et al 1998, women who gave birth to mercury poisoned babies in Minamata had to have consumed on average 225 ug of methylmercury per day every day of pregnancy.  Granted, dolphins have a wide range of mercury in their tissue, but for the sake of argument, consider a level of 3 mg/kg, on par with the higher end of tilefish and shark.  At that level, one would have to eat 75 grams of dolphin every day or roughly a pound a week.  So yes, this is a possible scenario even today.

But what about if you’re an adult past the childbearing years?  The EPA’s recommended “safe” blood level is 5 ug/L and the World Health Organization’s level of concern is 6 ug/g of hair, a measure of long-term exposure.  Considering an average human has 6-8 L of blood flowing through their veins, that’s a toxic dose of 30-40 ug of methylmercury.  This is 10-12 ounces of dolphin at our previously assumed concentration of 3 ug/g.  Not particularly inconceivable for a large steak dinner that could potentially cause you neurological deficits, but a far cry from Minamata.

So overall, considering most children are exposed through their mother’s blood to methylmercury and childhood consumption of fish, it’s safe to say that avoiding dolphin is best for your neurons.  But primary reason to stop the fishery?  Perhaps not.  It hasn’t shut down swordfish, shark, tilefish, or tuna yet.

For those of you who bought the DVD of the Cove, it came with a little segment in the special features called “Mercury Rising” that explored mercury issues a bit farther, addressing more than just the concentrations in dolphin meat.  And while their portrayal of mercury exposure in the actual documentary may have been a bit over-the-top, it wasn’t entirely unrealistic.  The special feature, however, lost credibility when it chose to tackle the mercury/autism issue.

Mercury Rising started with a pretty good summary of the current understanding of environmental exposures, covering some of my personal favorite toxicological trivia.  For instance, did you know that 95% of all bioavailable mercury comes from coal-fired power plants?  Yet another reason to consider alternative sources of energy.  Making the situation a little more personal, the filmmakers took some mercury researchers out to dinner at a sushi restaurant and ”none of them, not one of them ate the fish”.  That’s perhaps a more forceful testament to the effects than throwing around lots of numbers.  Apparently, the doctors had done a bit of a “Supersize Me” experiment on themselves with tuna consumption.  After two weeks, their blood mercury levels had doubled to 20 ug/L on 200 g tuna a day; they were headed into Minamata-level doses pretty quickly.  So no more tuna for the docs.

They described the issues with the dolphin fishery as really a ”microcosm of what’s taking place all over the planet” with other fisheries and cases of mercury exposure.  In addition, the movie makes the excellent point that unlike many other cases of environmental health, mercury primarily affects the affluent who can afford to buy large predatory fish from the market.  And if you think the government can protect you through that market, they’re still a wee bit confused as to how to regulate the toxin.  In fact, ”one in four fish was too toxic to eat” according to EPA study of fish from all over the country.  So definitely something to be concerned about.

Understand, though, that the methylmercury that is of concern in terms of toxicity to the human brain is way different than the ethyl mercury that is found in thimerosol, the vaccine base.  The movie further goes on to assert that “ethylmercury… it never went through medical studies like other drugs”.  Except, wait… didn’t the whole vaccine go through clinical trials?  Yes.

As for the connection to autism: it’s an unfortunate coincidence in time of exposure leading to wild theories about causation.  Many researchers have since investigated the causal connection and found that the best explanation for the increase in diagnoses for autism is that doctors have gotten better at recognizing it.  The movie asserts that this is ”of course is nonsense because missing autism is like missing a train wreck… and then where are all the 30 year old autistics?”

We all definitely need to know a lot more about autism.

They fail to mention that there are five types of autism, split by the degree of social interaction impairment.  The increases in diagnoses come primarily through the mildest form, also known as Asperger’s Syndrome.  This may have been previously recognized and treated as an unknown learning disability or just a person who’s a little bit different.  And aren’t we all?  Asperger’s patients are fully functioning members of society and are often smarter than your average Joe Schmoe.  So possibly undiagnosed?

This is a taste of the many faces of the mercury debate and the sometimes controversial and emotional frame the discourse takes.  But bottom line in this particular aspect of the debate?  Skip the dolphin in the lunch line.

References:
Akagi H, Grandjean P, Takizawa Y, & Weihe P (1998). Methylmercury dose estimation from umbilical cord concentrations in patients with Minamata disease. Environmental research, 77 (2), 98-103 PMID: 9600802

Durden, W.N., M.K. Stolen, D.H. Adams, E.D. Stolen. 2007. Mercury and selenium concentrations in stranded bottlenose dolphins from the Indian River Lagoon system, FL. Bulletin of Marine Science 81(1): 37-54.

Pompe-Gotal, J., E. Srebocan, H. Gomercic, A. Prevendar Crnic. 2009. Mercury concentrations in the tissues of bottlenose dolphins (Tursiops truncatus) and striped dolphins (Stenella coeruloalba) stranded on the Croatian Adriatic coast. Vetinarni Medicina 54 (12): 598–604.

Do sharks create oxygen??

Sharks are in no way connected to the global supply of atmospheric oxygen. If every single species of shark went extinct, there would be a variety of negative ecological effects, but a reduction in the global supply of atmospheric oxygen would not be among them. There is not a shred of scientific evidence supporting the idea that the loss of sharks would affect our oxygen supply- not a single scientific paper, not a single technical report. Despite the complete lack of any kind of credible evidence.

The premise of the sharks and oxygen claim is as follows:

A) Sharks, many of which are apex predators, are important in regulating marine food webs;
B) Phytoplankton, which create oxygen through photosynthesis, are in marine food webs;
C) Therefore, without sharks, phytoplankton populations will crash and we won’t have any more oxygen and we’ll all die.

A and B are reasonable enough- we know that under certain circumstances, apex predators can play important roles in structuring and regulating food webs, and we know that phytoplankton produce oxygen (though how much oxygen phytoplankton produces is another debate entirely). It’s part C of the sharks and oxygen claim that’s the problem.

This flawed leap in logic, like many other bits of pseudoscience, is loosely based on reality- specifically, the  concept of the “trophic cascade”. To explain a trophic cascade, consider a simple hypothetical food chain where grass is the primary producer, goats consume grass, and chupacabras consume goats. Trophic refers to “trophic level”, an alternative term for a step of a food chain. Grass would be trophic level 0, goats would be trophic level 1, and chupacabras would be trophic level 2. The cascade refers to ripple-like effects that travel throughout a food chain despite initially affecting only one level- for example, a change in chupacabra populations could eventually affect goat populations, which would eventually affect the grass.

One classic example of a marine trophic cascade comes from Estes et al. 1998. In the original kelp forest system, kelp provided habitat for countless species of fish. Sea urchins ate kelp, but their numbers were kept in check by sea otters. Once orca whales began preying upon sea otters, sea otter populations decreased. With fewer sea otters eating them, sea urchin populations increased- and ate all of the kelp.

Figure 1 from Estes et al. 1998.  » (A) Changes in sea otter abundance over time at several islands in the Aleutian archipelago and concurrent changes in (B) sea urchin biomass, (C) grazing intensity, and (D) kelp density measured from kelp forests at Adak Island. Error bars in (B) and (C) indicate 1 SE. The proposed mechanisms of change are portrayed in the marginal cartoons—the one on the left shows how the kelp forest ecosystem was organized before the sea otter’s decline and the one on the right shows how this ecosystem changed with the addition of killer whales as an apex predator. Heavy arrows represent strong trophic interactions; light arrows represent weak interactions. »

A similar trophic cascade involving sharks was reported in Myers et al. 2007, though these conclusions are still considered controversial among the scientific community. According to this paper, in the Outer Banks, a decrease in shark populations led to an increase in the populations of these sharks’ prey (including cownose rays), and increased cownose ray populations led to a decrease in their prey (including scallops, which used to be the basis for an important coastal fishery).

Figure 1 from Heithaus et al. 2008, a review of shark ecosystem effects, referencing the Myers et al. 2007 conclusions. « The removal of marine predators can result in cascading effects through communities. As (a) catch rates of large sharks, such as blacktip sharks (Carcharhinus limbatus), declined during research surveys along the east coast of the United States, (b) cownose rays began to increase, leading to eventual declines in (c) catches of North Carolina bay scallops (Agropecten irradians). Population densities are expressed as proportions of the observed time series maximum. Trend lines are best fits from generalized linear (a,b) or additive models (c). In (b), filled symbols and line denote Delaware Bay surveys, and open symbols and dashed line are Pamlico Sound, NC, surveys. Field experiments confirmed that scallop declines resulted from increased ray predation.There have been numerous models and observational studies concerning the ecological effects that would result from the loss of apex predators (a partial list can be found in my sources below). Not a single one mentions even the remote possibility of a decline in the global supply of oxygen as a consequence of overfishing sharks. If you encounter someone promoting this (or any of a huge variety of pseudoscience claiming to be based on real science), ask them for a copy of the peer-reviewed scientific paper which supports it.

Technically speaking, just because no one has ever written about this phenomenon applying to sharks doesn’t, in of itself,  mean that it doesn’t apply to sharks.  However, there’s a very good reason why the loss of sharks won’t affect phytoplankton. Trophic cascades tend to occur in simple ecosystems. In the kelp forest, basically only one type of organism eats kelp from the base (sea urchins) and basically only one type of organism eats sea urchins (otters). Sharks fit into different ecosystems differently, and many of those ecosystem are quite complex, so the claim that the loss of sharks will have a uniform global effect is inaccurate at best.

Research from coral reef ecosystems shows than when predator/prey interactions are more  diffuse (for example, a system might have many herbivores, many secondary consumers, etc.) , trophic cascades don’t occur. Sharks may eat some herbivores, but they also eat animals that eat those herbivores, so the ecological effects would be less direct. Additionally, even if one prey species experiences “predation release”, other species with similar ecological niches are not affected in the same way.  In a complex ecosystem, sharks can be considered to be “trophically decoupled” from phytoplankton- their populations will not affect those of phytoplankton because the trophic relationships are diffuse and complex. Most marine ecosystems are quite complex, as seen below:

A cod-based food web in the North Atlantic, a region of the ocean with relatively FEW species. Image from David Lavigne, National Science and Engineering Research Council

In fact, emerging research in the field of fear ecology has shown that the most important effects resulting from the loss of sharks in an ecosystem may actually be indirect and related to behavior rather than population structure. In other words, sharks may exert more of an influence on an ecosystem by causing organisms in that system to alter their behavior to avoid being eaten. A great example of this comes from Dr. Mike Heithaus’ work in Australia. He found that animals like dolphins, sea turtles, and dugongs (relatives of manatees) will alter their preferred foraging ground during times of the year when large tiger sharks are present. They will forage in areas with less food but less chance of encountering a tiger shark.

Figure 2 from Heithaus et al. 2008. « Risk effects of tiger sharks on megagrazers in Shark Bay, Australia….Green turtles in good body condition (assumed to indicate a good energy state) shift to safe microhabitats with nutrient-poor seagrass when sharks are common »

Many species of sharks have been dangerously overharvested, resulting in alarmingly rapid and severe population declines. The loss of sharks can result in disruptions to the food web, resulting in ecological (and in many cases economic) problems. Conservationists are correct to be concerned about the loss of sharks and the effects this will have on our oceans, and we can and should work to protect these animals. However, sharks have absolutely nothing whatsoever to do with the global oxygen supply. There is absolutely no evidence in favor of this claim, and lots of evidence against it.

Spreading inaccurate claims in support of a worthy cause can only harm that cause by reducing credibility with the public and with policymakers. There are enough real reasons to protect sharks that we shouldn’t need to make up nonsense with no factual basis. I call on all responsible conservationists and advocates to stop perpetuating this pseudoscience.


ResearchBlogging.org

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